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Caisses vides : et si on les avait vidées ?

Dans une carte blanche publiée par Le Vif le 25 septembre 2026, Paul De Grauwe (London School of Economics) et Michel Gevers (UCLouvain), membres de Carta Academica, s’attaquent au discours selon lequel l’État manquerait d’argent faute d’avoir assez réduit ses dépenses.

Leur constat de départ : la dette publique est au même niveau qu’en 2014 (107 % du PIB), alors que le déficit est passé de 3,1 % à 5,2 % du PIB, malgré douze ans de cures d’austérité successives.

Pour eux, le problème vient des recettes plus que des dépenses. Celles-ci ont reculé davantage (de 52,5 % à 49 % du PIB depuis 2013) que les dépenses (de 56 % à 54 %). Ils pointent notamment :

  • le passage de hauts revenus du statut de salarié à celui de société, beaucoup moins taxé, dont l’usage a presque triplé en six ans ;
  • une charge fiscale de 23 % pour le 1 % le plus riche, contre 43 % en moyenne nationale ;
  • le coût des voitures de société (5,2 milliards d’euros selon le Bureau du Plan) ;
  • le projet de vente de 20 % de Belfius, qui ne réduirait la dette que de 0,3 % tout en privant l’État d’environ 100 millions de dividendes par an.

Ils soulignent aussi que des mesures d’économie prises sans évaluation à long terme ont un coût caché : hausse des burnouts et des maladies de longue durée, avec 2,5 milliards d’euros de charge pour la sécurité sociale en 2024 pour les seules dépressions et burnouts de longue durée.

Leur conclusion : imposer les hauts revenus au niveau du contribuable moyen suffirait à combler le trou de 10 milliards, alors que de nouvelles coupes fragiliseraient la sécurité sociale et nourriraient l’extrême droite.

Les chiffres cités sont ceux des auteurs.

Source : « Oui, les caisses de l’État sont vides, parce qu’on les a vidées ! », Carta Academica, Le Vif

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